Coefficient U : Au-delà de la conformité aux normes, Partie 3 de 4

Après avoir fait le tour des définitions, normes, documents de référence et des méthodes approuvées pour calculer les coefficients U en fenestration, la partie 3 nous présente le contexte et les critères servant à comparer les produits et à assurer la conformité.

Contexte et critères

La méthode prescriptive de calcul des coefficients U définit les critères de base permettant de comparer des produits aux premiers stades d’un projet ou permet de se conformer aux exigences prescriptives du CNÉB. Les coefficients U établis à l’aide de cette méthode sont omniprésents dans l’industrie de la fenestration et c’est pour cette raison qu’il est impératif de comprendre comment ils sont déterminés.

Deux composantes émergent dans la méthode prescriptive de calcul des coefficients U :

1. le protocole, c’est-à-dire la procédure à suivre pour effectuer la simulation ou l’essai physique; et
2. l’échantillon, c’est-à-dire le produit lui-même.

On s’attend à ce que tous les paramètres de ces deux composantes soient entièrement définis afin de pouvoir comparer adéquatement des produits de fenestration.

Voici certains des nombreux critères liés au protocole :

• la calibration des appareils de mesure;
• la version du logiciel dans le cas d’une simulation ou la méthode d’installation de l’échantillon dans le cas d’un essai physique;
• l’écart entre la température intérieure et la température extérieure;
• l’emplacement des points de lecture de la température sur l’échantillon qu’il soit simulé ou physique;
• la vitesse du vent; et
• les normes de référence.

L’objectif est de déterminer le rendement du produit en soit. Cependant, d’autres facteurs ont aussi une incidence sur le coefficient U, lesquels ne sont pas nécessairement inhérents au design du produit ou immuables à celui-ci. La mesure dans laquelle ces facteurs peuvent varier est particulièrement importante pour les murs-rideaux. Ces derniers s’accompagnent de plusieurs options pour personnaliser l’apparence et le rendement des enveloppes de bâtiment commercial. On comprend, à la lecture de la figure 2, comment des systèmes de fenestration non standards peuvent difficilement se voir apposer un coefficient U générique, et pourquoi les rédacteurs de devis doivent examiner soigneusement leurs données.

Dimensions définies

Pour tracer un cadre standardisé à l’analyse des échantillons, la norme NFRC 100 prescrit des dimensions pour chaque type de produit de fenestration. La figure 3 en donne un exemple.

Ces dimensions normalisées facilitent la comparaison des coefficients U de produits similaires. Toutefois, lorsqu’il est nécessaire d’analyser différents systèmes de fenestration, les résultats standardisés ne constituent pas un bon indicateur permettant de favoriser un type de produit parce qu’ils ne permet pas de les placer sur un pied d’égalité. Tenter de comparer le coefficient U d’une fenêtre à battant par rapport à celui d’une fenêtre oscillo-battante est un bon exemple.

Il demeure important de se conformer à ces dimensions et configurations pour comparer des produits appartenant au même type de fenestration. C’est particulièrement vrai pour les produits de mur-rideau en aluminium où le rapport entre le cadre et le vitrage est un facteur clé pour évaluer la transmission thermique. Faire fi des configurations prescrites pour les murs-rideaux en n’utilisant que les dimensions globales mène à un résultat erroné comme démontré dans la figure 4.

Cette simulation montre le même modèle de mur-rideau haute performance de 2 000 x 2 000 mm (79 x 79 po) avec rupture de pont thermique intégrée et composants identiques. La seule différente entre les deux est que le modèle de gauche n’est pas divisé verticalement au centre, sous-entendant une mauvaise compréhension de l’exigence de configuration. Le modèle de droite est divisé en deux sections verticales, tel que prescrit par la norme NFRC-100, lequel génère un plus grand transfert de chaleur. D’ailleurs, cette comparaison illustre bien comment la présence l’augmentation du nombre de meneaux dans un design peut influencer le rendement thermique.

En s’appuyant sur une compréhension fondamentale de la façon de comparer les coefficients U des produits de fenestration, la partie 4 vous expliquera dans quelle mesure la modification de certains composants non-standard peut influencer le rendement et comment s’assurer que les conclusions qui en découlent sont adéquates et conformes.

Pour obtenir de l’aide personnalisée dans le choix d’un système de fenestration à haut rendement pour votre projet, veuillez communiquer avec votre représentant du développement de la clientèle. Pour toute question en rapport avec ce blogue, veuillez communiquer avec l’auteur, Jennie Lamoureux, FMPC, à j.lamoureux@alumicor.com.
Jennie Lamoureux, FMPC, est représentante architecturale chez Alumicor, présidente du conseil d’administration de la section de Montréal de Devis de construction Canada (DCC-CSC) et membre active du comité technique de l’Association de vitrerie et fenestration du Québec (AVFQ) – secteur commercial. Elle est aussi membre du comité sur les méthodes d’essai de l’Architectural Products Council (conseil des produits architecturaux) de la Fenestration and Glazing Industry Alliance (FGIA) dont elle a obtenu la certification professionnelle de FenestrationMaster. Elle travaille en étroite collaboration avec des professionnels canadiens de design architectural à l’évaluation et la sélection de murs-rideaux, façades de magasin, entrées et systèmes de fenestration à cadre d’aluminium pour les enveloppes de bâtiments commerciaux et à l’établissement des devis qui s’y rapportent.

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